— C'est vrai, murmura Marguerite pour elle seule, M. de Guise me l'avait déjà dit. Puis tout haut:
— Eh bien, ajouta-t-elle, qu'avez-vous donc entendu?
— Mais d'abord la conversation que Votre Majesté a eue ce matin avec son frère.
— Avec François? s'écria Marguerite en rougissant.
— Avec le duc d'Alençon, oui, madame; puis ensuite, après votre départ, celle de mademoiselle Gillonne avec madame de Sauve.
— Et ce sont ces deux conversations…?
— Oui, madame. Mariée depuis huit jours à peine, vous aimez votre époux. Votre époux viendra à son tour comme sont venus M. le duc d'Alençon et madame de Sauve. Il vous entretiendra de ses secrets. Eh bien, je ne dois pas les entendre; je serais indiscret… et je ne puis pas… je ne dois pas… surtout je ne veux pas l'être!
Au ton que La Mole mit à prononcer ces derniers mots, au trouble de sa voix, à l'embarras de sa contenance, Marguerite fut illuminée d'une révélation subite.
— Ah! dit-elle, vous avez entendu de ce cabinet tout ce qui a été dit dans cette chambre jusqu'à présent?
— Oui, madame. Ces mots furent soupirés à peine.