Dixmer rentra effectivement dans son atelier, donna quelques ordres, relut les journaux, ordonna une distribution de pain et de mottes aux pauvres de la section, et, rentrant chez lui, quitta son costume de travail pour ses vêtements de sortie.
Une heure après, Maurice, au plus fort de ses lectures et de ses allocutions, fut interrompu par la voix de son officieux, qui, se penchant à son oreille, lui disait tout bas:
—Citoyen Lindey, quelqu'un qui, à ce qu'il prétend du moins, a des choses très importantes à vous dire, vous attend chez vous.
Maurice rentra et fut fort étonné, en rentrant, de trouver Dixmer installé chez lui, et feuilletant les journaux. En revenant, il avait, tout le long de la route, interrogé son domestique, lequel, ne connaissant point le maître tanneur, n'avait pu lui donner aucun renseignement.
En apercevant Dixmer, Maurice s'arrêta sur le seuil de la porte et rougit malgré lui.
Dixmer se leva et lui tendit la main en souriant.
—Quelle mouche vous pique et que m'avez-vous écrit? demanda-t-il au jeune homme. En vérité, c'est me frapper sensiblement, mon cher Maurice. Moi, tiède et faux patriote, m'écrivez-vous? Allons donc, vous ne pouvez pas me redire de pareilles accusations en face; avouez bien plutôt que vous me cherchez une mauvaise querelle.
—J'avouerai tout ce que vous voudrez, mon cher Dixmer, car vos procédés ont toujours été pour moi ceux d'un galant homme; mais je n'ai pas moins pris une résolution, et cette résolution est irrévocable...
—Comment cela? demanda Dixmer; de votre propre aveu vous n'avez rien à nous reprocher, et vous nous quittez cependant?
—Cher Dixmer, croyez que pour agir comme je le fais, que pour me priver d'un ami comme vous, il faut que j'aie de bien fortes raisons.