—Êtes-vous donc fâché, Maurice, que je vous aime assez pour être venu vous demander une explication? fit Dixmer.
—Oh! tout au contraire, s'écria Maurice, et je suis heureux, je vous jure, de vous avoir vu cette fois encore, avant de ne plus vous revoir.
—Ne plus vous revoir, citoyen! nous vous aimons bien pourtant, répliqua Dixmer en prenant et en pressant la main du jeune homme entre les siennes.
Maurice tressaillit.
—Morand,—continua Dixmer, à qui ce tressaillement n'avait point échappé, mais qui cependant n'en exprima rien,—Morand me le répétait encore ce matin: «Faites tout ce que vous pourrez, dit-il, pour ramener ce cher M. Maurice.»
—Ah! monsieur, dit le jeune homme en fronçant le sourcil et en retirant sa main, je n'aurais pas cru être si avant dans les amitiés du citoyen Morand.
—Vous en doutez? demanda Dixmer.
—Moi, répondit Maurice, je ne le crois ni n'en doute, je n'ai aucun motif de m'interroger à ce sujet; quand j'allais chez vous, Dixmer, j'y allais pour vous et pour votre femme, mais non pour le citoyen Morand.
—Vous ne le connaissez pas, Maurice, dit Dixmer; Morand est une belle âme.
—Je vous l'accorde, dit Maurice en souriant avec amertume.