—Quatorze, répéta Sanson, et ils sont quinze! Puis, élevant la voix:
—Voyons, dit-il, y a-t-il quelqu'un qui réclame? y a-t-il quelqu'un qui puisse prouver qu'il se trouve ici par erreur?
Peut-être quelques bouches s'ouvrirent-elles à cette demande; mais elles se refermèrent sans prononcer une parole; ceux qui eussent menti avaient honte de mentir; celui qui n'eût pas menti ne voulait point parler.
Il se fit un silence de plusieurs minutes pendant lequel les aides continuaient leur lugubre office.
—Citoyens, nous sommes prêts..., dit alors la voix sourde et solennelle du vieux Sanson.
Quelques sanglots et quelques gémissements répondirent à cette voix.
—Eh bien, dit Lorin, soit!
Mourons pour la patrie,
C'est le sort le plus beau!...
Oui, quand on meurt pour la patrie; mais, décidément, je commence à croire que nous ne mourons pas pour le plaisir de ceux qui nous regardent mourir. Ma foi, Maurice, je suis de ton avis, je commence aussi à me dégoûter de la République.
—L'appel! dit un commissaire à la porte.