—C'est le propriétaire qui l'y a déposée, après avoir fait enlever les meubles, répondit la portière.
—Comment! enlever les meubles! s'écria Buvat.
—Eh! sans doute qu'il a fait enlever les meubles! Elle n'était pas riche, votre voisine, monsieur Buvat, et il y a gros à parier qu'elle doit de tous les côtés. Tiens! il n'a pas voulu de chicanes, le propriétaire! Le terme avant tout! c'est trop juste. D'ailleurs elle n'a plus besoin de meubles, la pauvre chère femme!
—Mais la garde, qu'est-elle devenue?
—Quand elle a vu sa malade morte, elle s'en est allée. Son affaire était finie; elle viendra l'ensevelir pour un écu, si vous voulez. C'est ordinairement les portières qui ont ce petit boni-là; mais moi, je ne puis pas: je suis trop sensible.
Buvat comprit en frissonnant tout ce qui s'était passé. Il monta aussi rapidement cette fois qu'il était monté lentement la première. La main lui tremblait tellement qu'il ne pouvait trouver la serrure. Enfin la clef tourna et la porte s'ouvrit.
Clarice était étendue à terre sur la paillasse de son lit, au milieu de la chambre toute démeublée. Un mauvais drap avait été jeté sur elle et avait dû la cacher tout entière, mais la petite Bathilde l'avait rabattu pour chercher le visage de sa mère, qu'elle embrassait au moment où Buvat entrait.
—Ah! bon ami, bon ami, s'écria l'enfant, réveille donc ma petite maman, qui veut toujours dormir; réveille-la, je t'en prie.
Et l'enfant courait à Buvat, qui regardait de la porte ce triste spectacle.
Buvat conduisit Bathilde près du cadavre.