En même temps, il mena lui-même Andrée à Marie-Antoinette.
Celle-ci s'était dressée les genoux tremblants, les mains glacées. Elle n'osa point lever ses yeux, et vit seulement quelque chose de blanc qui s'approchait et s'inclinait devant elle.
C'était la robe de mariage d'Andrée.
Le roi rendit aussitôt la main de la fiancée à Philippe, donna la sienne à Marie-Antoinette, et d'une voix haute:
—À la chapelle, messieurs, dit-il.
Toute cette foule passa silencieusement derrière Leurs Majestés pour aller prendre ses places.
La messe commença aussitôt. La reine l'écouta courbée sur son prie-Dieu, la tête ensevelie dans ses mains. Elle pria de toute son âme, de toutes ses forces; elle envoya vers le ciel des vœux si ardents que le souffle de ses lèvres dévora la trace de ses larmes.
Monsieur de Charny, pâle et beau, sentant sur lui le poids de tous les regards, fut calme et brave comme il avait été à son bord, au milieu des tourbillons de flammes et des ouragans de la mitraille anglaise; seulement il souffrit bien plus.
Philippe, l'œil attaché sur sa sœur, qu'il voyait tressaillir et chanceler, semblait prêt à lui porter secours d'un mot, d'un geste de consolation ou d'amitié.
Mais Andrée ne se démentit pas, demeura la tête haute, respirant à chaque minute son flacon de sels, mourante et vacillante comme la flamme d'une cire, mais debout et persévérant à vivre par la force de sa volonté.