—Oui!... répondit Andrée avec une intonation presque sauvage qui fit frissonner la reine et tressaillir plus d'une femme dans l'auditoire.
Alors Charny passa l'anneau d'or au doigt de sa femme, et cet anneau glissa sans qu'Andrée eût senti la main qui le lui offrait.
Bientôt le roi se leva. La messe était finie. Tous les courtisans vinrent saluer dans la galerie les deux époux.
Monsieur de Suffren avait pris en revenant la main de sa nièce; il lui promettait, au nom d'Olivier, le bonheur qu'elle méritait d'avoir.
Andrée remercia le bailli sans se dérider un seul moment, et pria seulement son oncle de la conduire promptement au roi, pour qu'elle le remerciât, car elle se sentait faible.
En même temps, une pâleur effrayante envahit son visage.
Charny la vit de loin, sans oser s'approcher d'elle.
Le bailli traversa le grand salon, mena Andrée au roi, qui la baisa sur le front et lui dit:
—Madame la comtesse, passez chez la reine; Sa Majesté veut vous faire son présent de noces.
Puis, sur ces mots qu'il croyait être pleins de gracieuseté, le roi se retira suivi de toute la cour, laissant la nouvelle mariée éperdue, désespérée, au bras de Philippe.