Oh! murmura-t-elle, c'en est trop! c'en est trop, Philippe! Il me semblait pourtant avoir assez supporté!...
—Courage, dit tout bas Philippe; encore cette épreuve, ma sœur.
—Non, non, répondit Andrée, je ne le pourrais pas. Les forces d'une femme sont limitées; peut-être ferai-je ce qu'on me demande; mais, songez-y, Philippe, si elle me parle, si elle me complimente, j'en mourrai!
—Vous mourrez s'il le faut, ma chère sœur, dit le jeune homme, et alors vous serez plus heureuse que moi, car je voudrais être mort!
Il prononça ces mots d'un accent tellement sombre et douloureux, qu'Andrée, comme si elle eût été déchirée par un aiguillon, s'élança en avant et pénétra chez la reine.
Olivier la vit passer; il se rangea le long des tapisseries pour ne point effleurer sa robe au passage.
Il demeura seul dans le salon avec Philippe, baissant la tête comme son beau-frère, et attendant le résultat de cet entretien que la reine allait avoir avec Andrée.
Celle-ci trouva Marie-Antoinette dans son grand cabinet.
Malgré la saison, au mois de juin, la reine s'était fait allumer du feu; elle était assise dans son fauteuil, la tête renversée en arrière, les yeux fermés, les mains jointes comme une morte.
Elle grelottait.