Monck s’approcha de la chaussée, derrière laquelle avait disparu celui que le général avait pris pour Digby, et rencontra une patrouille qui, faisant le tour des tentes, se dirigeait vers le quartier général; il fut arrêté avec son compagnon, donna le mot de passe et poursuivit son chemin. Un soldat, réveillé par le bruit, se souleva dans son plaid pour voir ce qui se passait.

— Demandez-lui, dit Monck à Athos, où sont les pêcheurs; si je lui faisais cette question, il me reconnaîtrait.

Athos s’approcha du soldat, lequel lui indiqua la tente; aussitôt Monck et Athos se dirigèrent de ce côté.

Il sembla au général qu’au moment où il s’approchait une ombre, pareille à celle qu’il avait déjà vue, se glissait dans cette tente; mais en s’approchant, il reconnut qu’il devait s’être trompé, car tout le monde dormait pêle-mêle, et l’on ne voyait que jambes et que bras entrelacés. Athos, craignant qu’on ne le soupçonnât de connivence avec quelqu’un de ses compatriotes, resta en dehors de la tente.

— Holà! dit Monck en français, qu’on s’éveille ici.

Deux ou trois dormeurs se soulevèrent.

— J’ai besoin d’un homme pour m’éclairer, continua Monck. Tout le monde fit un mouvement, les uns se soulevant, les autres se levant tout à fait. Le chef s’était levé le premier.

— Votre Honneur peut compter sur nous, dit-il d’une voix qui fit tressaillir Athos. Où s’agit-il d’aller?

— Vous le verrez. Un falot! Allons, vite!

— Oui, Votre Honneur. Plaît-il à Votre Honneur que ce soit moi qui l’accompagne?