Les officiers se regardèrent.
— Alors, monsieur, dirent-ils, vous prétendez ne pas savoir où est le général?
— À ceci, je vous ai déjà répondu, monsieur.
— Oui; mais vous avez déjà répondu une chose incroyable.
— Elle est vraie cependant, messieurs. Les gens de ma condition ne mentent point d’ordinaire. Je suis gentilhomme, vous ai-je dit, et quand je porte à mon côté l’épée que, par un excès de délicatesse, j’ai laissée hier sur cette table où elle est encore aujourd’hui, nul, croyez-le bien, ne me dit des choses que je ne veux pas entendre. Aujourd’hui, je suis désarmé; si vous vous prétendez mes juges, jugez-moi; si vous n’êtes que mes bourreaux, tuez-moi.
— Mais, monsieur?... demanda d’une voix plus courtoise le lieutenant, frappé de la grandeur et du sang-froid d’Athos.
— Monsieur, j’étais venu parler confidentiellement à votre général d’affaires d’importance. Ce n’est point un accueil ordinaire que celui qu’il m’a fait. Les rapports de vos soldats peuvent vous en convaincre. Donc, s’il m’accueillait ainsi, le général savait quels étaient mes titres à l’estime. Maintenant vous ne supposez pas, je présume, que je vous révélerai mes secrets, et encore moins les siens.
— Mais enfin, ces barils, que contenaient-ils?
— N’avez-vous point adressé cette question à vos soldats? Que vous ont-ils répondu?
— Qu’ils contenaient de la poudre et du plomb.