— Donc, monsieur d’Artagnan, poursuivit Charles, voici ce qui allait arriver: M. le comte de La Fère, que vous connaissez, je crois, était parti pour Newcastle...

— Athos? s’écria d’Artagnan.

— Oui, c’est son nom de guerre, je crois. Le comte de La Fère était donc parti pour Newcastle, et il allait peut-être amener le général à quelque conférence avec moi ou avec ceux de mon parti, quand vous êtes violemment, à ce qu’il paraît, intervenu dans la négociation.

— Mordioux! répliqua d’Artagnan, c’était lui sans doute qui entrait dans le camp le soir même où j’y pénétrais avec mes pêcheurs...

Un imperceptible froncement de sourcils de Monck apprit à d’Artagnan qu’il avait deviné juste.

— Oui, oui, murmura-t-il, j’avais cru reconnaître sa taille, j’avais cru entendre sa voix. Maudit que je suis! Oh! Sire, pardonnez-moi; je croyais cependant avoir bien mené ma barque.

— Il n’y a rien de mal, monsieur, dit le roi, sinon que le général m’accuse de lui avoir fait tendre un piège, ce qui n’est pas. Non, général, ce ne sont pas là les armes dont je comptais me servir avec vous; vous l’allez voir bientôt. En attendant, quand je vous donne ma foi de gentilhomme, croyez-moi, monsieur, croyez-moi. Maintenant, monsieur d’Artagnan, un mot.

— J’écoute à genoux, Sire.

— Vous êtes bien à moi, n’est-ce pas?

— Votre Majesté l’a vu. Trop!