— Bien, Planchet, bien. Alors, je passe à ce qui me concerne. Le souper?
— Prêt: un rôti fumant, du vin blanc, des écrevisses, des cerises fraîches. C’est du nouveau, mon maître.
— Tu es un aimable homme, Planchet; soupons donc, et que je me couche.
Pendant le souper, d’Artagnan observa que Planchet se frottait le front fréquemment comme pour faciliter la sortie d’une idée logée à l’étroit dans son cerveau. Il regarda d’un air affectueux ce digne compagnon de ses traverses d’autrefois, et heurtant le verre au verre:
— Voyons, dit-il, ami Planchet, voyons ce qui te gêne tant à m’annoncer; mordioux! parle franc, tu parleras vite.
— Voici, répondit Planchet, vous me faites l’effet d’aller à une expédition quelconque.
— Je ne dis pas non.
— Alors vous auriez eu quelque idée nouvelle.
— C’est possible, Planchet.
— Alors, il y aurait un nouveau capital à aventurer? Je mets cinquante mille livres sur l’idée que vous allez exploiter.