— Il n’y aura derrière moi aucun homme qui rira, aucun prince qui dira: «J’ai voulu!»
— Duc, écoutez-moi.
Et ici la figure auguste de la vieille reine prit une expression solennelle.
— Je vous jure que nul ici ne commande, si ce n’est moi; je vous jure que non seulement personne ne rira, ne se vantera, mais que personne même ne manquera au devoir que votre rang impose. Comptez sur moi, duc, comme j’ai compté sur vous.
— Vous ne vous expliquez point, madame; je suis ulcéré, je suis au désespoir; la consolation, si douce et si complète qu’elle soit, ne me paraîtra pas suffisante.
— Ami, avez-vous connu votre mère? répliqua la reine avec un caressant sourire.
— Oh! bien peu, madame, mais je me rappelle que cette noble dame me couvrait de baisers et de pleurs quand je pleurais.
— Villiers! murmura la reine en passant son bras au cou du jeune homme, je suis une mère pour vous, et, croyez-moi bien, jamais personne ne fera pleurer mon fils.
— Merci, madame, merci! dit le jeune homme attendri et suffoquant d’émotion; je sens qu’il y avait place encore dans mon cœur pour un sentiment plus doux, plus noble que l’amour. La reine mère le regarda et lui serra la main.
— Allez, dit-elle.