Autour du chanteur, brillaient, dans le fond noir des gros arbres, les yeux de quelque chat-huant sensible à l’harmonie.
De sorte que cette fête de toute la cour était aussi la fête des hôtes mystérieux des bois; car assurément la biche écoutait dans sa fougère, le faisan sur sa branche, le renard dans son terrier.
On devinait la vie de toute cette population nocturne et invisible, aux brusques mouvements qui s’opéraient tout à coup dans les feuilles.
Alors les nymphes des bois poussaient un petit cri; puis, rassurées à l’instant même, riaient et reprenaient leur marche.
Et elles arrivèrent ainsi au chêne royal, vénérable reste d’un chêne, qui, dans sa jeunesse, avait entendu les soupirs de Henri II pour la belle Diane de Poitiers, et plus tard ceux de Henri IV pour la belle Gabrielle d’Estrées.
Sous ce chêne, les jardiniers avaient accumulé la mousse et le gazon, de telle sorte que jamais siège circulaire n’avait mieux reposé les membres fatigués d’un roi.
Le tronc de l’arbre formait un dossier rugueux, mais suffisamment large pour quatre personnes.
Sous les rameaux qui obliquaient vers le tronc, les voix se perdaient en filtrant vers les cieux.
Chapitre CXV — Ce qui se disait sous le chêne royal
Il y avait dans la douceur de l’air, dans le silence du feuillage, un muet engagement pour ces jeunes femmes à changer tout de suite la conversation badine en une conversation plus sérieuse.