— C’est aux dryades qu’il faut le demander, répliqua le comte; les dryades habitent les bois, comme Votre Altesse Royale le sait.
— Je sais même qu’elles sont naturellement bavardes, monsieur de Saint-Aignan.
— C’est vrai, madame; mais, quand elles ne rapportent que de jolies choses, on aurait mauvaise grâce à les accuser de bavardage.
— Elles rapportent donc de jolies choses? demanda nonchalamment la princesse. En vérité, monsieur de Saint-Aignan, vous piquez ma curiosité, et, si j’étais le roi, je vous sommerais sur-le-champ de nous raconter les jolies choses que disent Mmes les dryades, puisque vous seul ici semblez connaître leur langage.
— Oh! pour cela, madame, je suis bien aux ordres de Sa Majesté, répliqua vivement le comte.
— Il comprend le langage des dryades? dit Monsieur. Est-il heureux, ce Saint-Aignan!
— Comme le français, monseigneur.
— Contez alors, dit Madame.
Le roi se sentit embarrassé; nul doute que son confident ne l’allât embarquer dans une affaire difficile.
Il le sentait bien à l’attention universelle excitée par le préambule de Saint-Aignan, excitée aussi par l’attitude particulière de Madame. Les plus discrets semblaient prêts à dévorer chaque parole que le comte allait prononcer.