Aussitôt tous, connaisseurs ou non, s’exclamèrent de surprise et accablèrent le roi de félicitations.
Il y avait, en effet, de quoi admirer pour tout le monde; les brillants pour ceux-ci, la gravure pour ceux-là.
Les dames manifestaient visiblement leur impatience de voir un pareil trésor accaparé par les cavaliers.
— Messieurs, messieurs, dit le roi à qui rien n’échappait, on dirait, en vérité, que vous portez des bracelets comme les Sabins: passez-les donc un peu aux dames, qui me paraissent avoir à juste titre la prétention de s’y connaître mieux que vous.
Ces mots semblèrent à Madame le commencement d’une décision qu’elle attendait.
Elle puisait, d’ailleurs, cette bienheureuse croyance dans les yeux de la reine mère.
Le courtisan qui les tenait au moment où le roi jetait cette observation au milieu de l’agitation générale se hâta de déposer les bracelets entre les mains de la reine Marie-Thérèse, qui, sachant bien, pauvre femme! qu’ils ne lui étaient pas destinés, les regarda à peine et les passa presque aussitôt à Madame.
Celle-ci et, plus particulièrement qu’elle encore, Monsieur donnèrent aux bracelets un long regard de convoitise.
Puis elle passa les joyaux aux dames ses voisines, en prononçant ce seul mot, mais avec un accent qui valait une longue phrase:
— Magnifiques!