— Ma présentation au roi?

— Précisément, je veux aller faire un tour en ville pour préparer cela. Ne sortez pas d’ici, je vous prie.

— Oh! non, s’écria Porthos.

Planchet regarda d’Artagnan avec crainte.

— Est-ce que vous serez absent longtemps? dit-il.

— Non, mon ami, et, dès ce soir, je te débarrasse de deux hôtes un peu lourds pour toi.

— Oh! monsieur d’Artagnan, pouvez-vous dire?

— Non; vois-tu, ton cœur est excellent, mais ta maison est petite. Tel n’a que deux arpents, qui peut loger un roi et le rendre très heureux; mais tu n’es pas né grand seigneur, toi.

— M. Porthos non plus, murmura Planchet.

— Il l’est devenu, mon cher; il est suzerain de cent mille livres de rente depuis vingt ans, et, depuis cinquante, il est suzerain de deux poings et d’une échine qui n’ont jamais eu de rivaux dans ce beau royaume de France. Porthos est un très grand seigneur à côté de toi, mon fils, et... Je ne t’en dis pas davantage; je te sais intelligent.