— Tandis, répliqua Aramis, qu’aujourd’hui vous avez agi tout à fait en ami de M. Colbert. Vous êtes donc son ami?
— Ma foi, non! s’écria le capitaine. M. Colbert est un cuistre, et je le hais comme je haïssais Mazarin, mais sans le craindre.
— Eh bien! moi, dit Aramis, j’aime M. Fouquet, et je suis à lui. Vous connaissez ma position... Je n’ai pas de bien... M. Fouquet m’a fait avoir des bénéfices, un évêché; M. Fouquet m’a obligé comme un galant homme, et je me souviens assez du monde pour apprécier les bons procédés. Donc, M. Fouquet m’a gagné le cœur, et je me suis mis à son service.
— Rien de mieux. Vous avez là un bon maître.
Aramis se pinça les lèvres.
— Le meilleur, je crois, de tous ceux qu’on pourrait avoir.
Puis il fit une pause.
D’Artagnan se garda bien de l’interrompre.
— Vous savez sans doute de Porthos comment il s’est trouvé mêlé à tout ceci?
— Non, dit d’Artagnan; je suis curieux, c’est vrai, mais je ne questionne jamais un ami quand il veut me cacher son véritable secret.