— M. de Guiche, continua Madame, est-il en danger de mort?

— Deux fois, madame, dit-il: d’abord, à cause de l’hémorragie qui s’est déclarée, une artère ayant été offensée à la main; ensuite, à cause de la blessure de la poitrine qui aurait, le médecin le craignait du moins, offensé quelque organe essentiel.

— Alors il peut mourir?

— Mourir, oui, madame, et sans même avoir la consolation de savoir que vous avez connu son dévouement.

— Vous le lui direz.

— Moi?

— Oui; n’êtes-vous pas son ami?

— Moi? oh! non, madame, je ne dirai à M. de Guiche, si le malheureux est encore en état de m’entendre, je ne lui dirai que ce que j’ai vu, c’est-à-dire votre cruauté pour lui.

— Monsieur, oh! vous ne commettrez pas cette barbarie.

— Oh! si fait, madame, je dirai cette vérité, car, enfin, la nature est puissante chez un homme de son âge. Les médecins sont savants, et si, par hasard, le pauvre comte survivait à sa blessure, je ne voudrais pas qu’il restât exposé à mourir de la blessure du cœur après avoir échappé à celle du corps.