Celle qui était entrée la première fit à sa compagne un geste impérieux qui la cloua sur un escabeau près de la porte.
Puis elle s’avança résolument vers le lit, fit glisser les rideaux sur la tringle de fer et rejeta leurs plis flottants derrière le chevet.
Elle vit alors la figure pâlie du comte; elle vit sa main droite, enveloppée d’un linge éblouissant de blancheur, se dessiner sur la courtepointe à ramages sombres qui couvrait une partie de ce lit de douleur.
Elle frissonna en voyant une goutte de sang qui allait s’élargissant sur ce linge.
La poitrine blanche du jeune homme était découverte, comme si le frais de la nuit eût dû aider sa respiration. Une petite bandelette attachait l’appareil de la blessure, autour de laquelle s’élargissait un cercle bleuâtre de sang extravasé.
Un soupir profond s’exhala de la bouche de la jeune femme. Elle s’appuya contre la colonne du lit, et regarda par les trous de son masque ce douloureux spectacle.
Un souffle rauque et strident passait comme le râle de la mort par les dents serrées du comte.
La dame masquée saisit la main gauche du blessé.
Cette main brûlait comme un charbon ardent.
Mais, au moment où se posa dessus la main glacée de la dame, l’action de ce froid fut telle, que de Guiche ouvrit les yeux et tâcha de rentrer dans la vie en animant son regard.