Et le roi regarda tendrement La Vallière.

Aure n’avait plus rien à faire; elle avait laissé tomber le nom de Malicorne; le terrain était bon; il n’y avait maintenant qu’à laisser le nom pousser et l’événement porter ses fruits.

En conséquence, elle se rejeta dans son coin avec le droit de faire à M. de Malicorne autant de signes agréables qu’elle voudrait, puisque M. de Malicorne avait eu le bonheur de plaire au roi. Comme on comprend bien, Montalais ne s’en fit pas faute. Et Malicorne, avec sa fine oreille et son œil sournois, empocha les mots:

— Tout va bien.

Le tout accompagné d’une pantomime qui renfermait un semblant de baiser.

— Hélas! mademoiselle, dit enfin le roi, voilà que la liberté de la campagne va cesser; votre service chez Madame sera plus rigoureux, et nous ne vous verrons plus.

— Votre Majesté aime trop Madame, répondit Louise, pour ne pas venir chez elle souvent; et quand Votre Majesté traversera la chambre...

— Ah! dit le roi d’une voix tendre et qui baissait par degrés, s’apercevoir n’est point se voir, et cependant il semble que ce soit assez pour vous.

Louise ne répondit rien; un soupir gonflait son cœur, mais elle étouffa ce soupir.

— Vous avez sur vous-même une grande puissance, dit le roi.