La Vallière sourit avec mélancolie.

— Employez cette force à aimer, continua-t-il, et je bénirai Dieu de vous l’avoir donnée.

La Vallière garda le silence, mais leva sur le roi un œil chargé d’amour.

Alors, comme s’il eût été dévoré par ce brûlant regard, Louis passa la main sur son front, et, pressant son cheval des genoux, lui fit faire quelques pas en avant.

Elle, renversée en arrière, l’œil demi-clos, couvait du regard ce beau cavalier, dont les plumes ondoyaient au vent: elle aimait ses bras arrondis avec grâce; sa jambe, fine et nerveuse, serrant les flancs du cheval; cette coupe arrondie de profil, que dessinaient de beaux cheveux bouclés, se relevant parfois pour découvrir une oreille rose et charmante.

Enfin, elle aimait, la pauvre enfant, et elle s’enivrait de son amour. Après un instant, le roi revint près d’elle.

— Oh! fit-il, vous ne voyez donc pas que votre silence me perce le cœur! oh! mademoiselle, que vous devez être impitoyable lorsque vous êtes résolue à quelque rupture; puis je vous crois changeante... Enfin, enfin, je crains cet amour profond qui me vient de vous.

— Oh! Sire, vous vous trompez, dit La Vallière, quand j’aimerai, ce sera pour toute la vie.

— Quand vous aimerez! s’écria le roi avec hauteur. Quoi! vous n’aimez donc pas?

Elle cacha son visage dans ses mains.