— Voyez-vous, voyez-vous, dit le roi, que j’ai raison de vous accuser; voyez-vous que vous êtes changeante, capricieuse, coquette, peut-être; voyez-vous! oh! mon Dieu! mon Dieu!
— Oh! non, dit-elle. Rassurez-vous, Sire, non, non, non!
— Promettez-moi donc alors que vous serez toujours la même pour moi?
— Oh! toujours, Sire.
— Que vous n’aurez point de ces duretés qui brisent le cœur, point de ces changements soudains qui me donneraient la mort?
— Non! oh! non.
— Eh bien, tenez, j’aime les promesses, j’aime à mettre sous la garantie du serment, c’est-à-dire sous la sauvegarde de Dieu, tout ce qui intéresse mon cœur et mon amour. Promettez-moi, ou plutôt jurez-moi, jurez-moi que, si dans cette vie que nous allons commencer, vie toute de sacrifices, de mystères, de douleurs, vie toute de contretemps et de malentendus; jurez-moi que, si nous nous sommes trompés, que, si nous nous sommes mal compris, que, si nous nous sommes fait un tort, et c’est un crime en amour, jurez-moi, Louise!...
Elle tressaillit jusqu’au fond de l’âme; c’était la première fois qu’elle entendait son nom prononcé ainsi par son royal amant.
Quant à Louis, ôtant son gant, il étendit la main jusque dans le carrosse.
— Jurez-moi, continua-t-il, que, dans toutes nos querelles, jamais, une fois loin l’un de l’autre, jamais nous ne laisserons passer la nuit sur une brouille sans qu’une visite, ou tout au moins un message de l’un de nous aille porter à l’autre la consolation et le repos.