Il était alors six heures et demie du soir, et le roi venait de prendre son goûter. Il ne perdit pas de temps; le repas fini, les affaires terminées, il prit de Saint-Aignan par le bras et lui ordonna de le conduire à l’appartement de La Vallière. Le courtisan fit une grosse exclamation.
— Eh bien! quoi? répliqua le roi; c’est une habitude à prendre, et, pour prendre une habitude, il faut qu’on commence par quelques fois.
— Mais, Sire, l’appartement des filles, ici, c’est une lanterne: tout le monde voit ceux qui entrent et ceux qui sortent. Il me semble qu’un prétexte... Celui-ci, par exemple...
— Voyons.
— Si Votre Majesté voulait attendre que Madame fût chez elle.
— Plus de prétextes! plus d’attentes! Assez de ces contretemps, de ces mystères; je ne vois pas en quoi le roi de France se déshonore à entretenir une fille d’esprit. Honni soit qui mal y pense!
— Sire, Sire, Votre Majesté me pardonnera un excès de zèle...
— Parle.
— Et la reine?
— C’est vrai! c’est vrai! Je veux que la reine soit toujours respectée. Eh bien! encore ce soir, j’irai chez Mlle de La Vallière, et puis, ce jour passé, je prendrai tous les prétextes que tu voudras. Demain, nous chercherons: ce soir, je n’ai pas le temps.