Aramis sourit.

— Vous riez? demanda Fouquet.

— Et, le jour venu, vous rirez comme moi; seulement, je dois maintenant être seul à rire.

— Mais expliquez-vous.

— Au jour venu, je m’expliquerai, ne craignez rien. Vous n’êtes pas plus saint Pierre que je ne suis Jésus, et je vous dirai pourtant: «Homme de peu de foi, pourquoi doutez-vous?»

— Eh! mon Dieu! je doute... je doute, parce que je ne vois pas.

— C’est qu’alors vous êtes aveugle: je ne vous traiterai donc plus en saint Pierre, mais en saint Paul, et je vous dirai: «Un jour viendra où tes yeux s’ouvriront.»

— Oh! dit Fouquet que je voudrais croire!

— Vous ne croyez pas! vous à qui j’ai fait dix fois traverser l’abîme où seul vous vous fussiez engouffré; vous ne croyez pas, vous qui de procureur général êtes monté au rang d’intendant, du rang d’intendant au rang de premier ministre, et qui du rang de premier ministre passerez à celui de maire du palais. Mais, non, dit-il avec son éternel sourire... Non, non, vous ne pouvez voir, et, par conséquent vous ne pouvez croire cela.

Et Aramis se leva pour se retirer.