— Encore un mot comme celui-là, mademoiselle, et vous me verrez expirer à vos pieds.

— Non, non, Sire, je sais mieux ce que je vaux. Croyez-moi, et vous ne vous perdrez pas pour une malheureuse que tout le monde méprise.

— Oh! nommez-moi donc ceux-là que vous accusez, nommez-les-moi!

— Je n’ai de plaintes à faire contre personne, Sire; je n’accuse que moi. Adieu, Sire! Vous vous compromettez en me parlant ainsi.

— Prenez garde, Louise; en me parlant ainsi, vous me réduisez au désespoir; prenez garde!

— Oh! Sire! Sire! laissez-moi avec Dieu, je vous en supplie!

— Je vous arracherai à Dieu même!

— Mais, auparavant, s’écria la pauvre enfant, arrachez-moi donc à ces ennemis féroces qui en veulent à ma vie et à mon honneur. Si vous avez assez de force pour aimer, ayez donc assez de pouvoir pour me défendre; mais non, celle que vous dites aimer, on l’insulte, on la raille, on la chasse.

Et l’inoffensive enfant, forcée par sa douleur d’accuser, se tordait les bras avec des sanglots.

— On vous a chassée! s’écria le roi. Voilà la seconde fois que j’entends ce mot.