— Mais croyez-vous donc que je souffrirai cela, Sire? Croyez-vous que je vous laisserai déclarer la guerre à toute votre famille? Croyez-vous que je vous laisserai repousser pour moi mère, femme et sœur?
— Ah! vous les avez donc nommées, enfin; ce sont donc elles qui ont fait le mal? Par le Dieu tout-puissant! je les punirai!
— Et moi, voilà pourquoi l’avenir m’effraie, voilà pourquoi je refuse tout, voilà pourquoi je ne veux pas que vous me vengiez. Assez de larmes, mon Dieu! assez de douleurs, assez de plaintes comme cela. Oh! jamais, je ne coûterai plaintes, douleurs, ni larmes à qui que ce soit. J’ai trop gémi, j’ai trop pleuré, j’ai trop souffert!
— Et mes larmes à moi, mes douleurs à moi, mes plaintes à moi, les comptez-vous donc pour rien?
— Ne me parlez pas ainsi, Sire, au nom du Ciel! Au nom du Ciel! ne me parlez pas ainsi. J’ai besoin de tout mon courage pour accomplir le sacrifice.
— Louise, Louise, je t’en supplie! Commande, ordonne, venge-toi ou pardonne, mais ne m’abandonne pas!
— Hélas! il faut que nous nous séparions, Sire.
— Mais tu ne m’aimes donc point?
— Oh! Dieu le sait!
— Mensonge! Mensonge!