— Alors, s’écria Louis, dites franchement que vous ne m’avez jamais aimé, dites que mon humilité, dites que mon repentir flattent votre orgueil, mais que vous ne vous affligez pas de ma douleur. Dites que le roi de France n’est plus pour vous un amant dont la tendresse pouvait faire votre bonheur, mais un despote dont le caprice a brisé dans votre cœur jusqu’à la dernière fibre de la sensibilité. Ne dites pas que vous cherchez Dieu, dites que vous fuyez le roi. Non, Dieu n’est pas complice des résolutions inflexibles. Dieu admet la pénitence et le remords: il pardonne, il veut qu’on aime.
Louise se tordait de souffrance en entendant ces paroles, qui faisaient couler la flamme jusqu’au plus profond de ses veines.
— Mais vous n’avez donc pas entendu? dit-elle.
— Quoi?
— Vous n’avez donc pas entendu que je suis chassée, méprisée, méprisable?
— Je vous ferai la plus respectée, la plus adorée, la plus enviée à ma cour.
— Prouvez-moi que vous n’avez pas cessé de m’aimer.
— Comment cela?
— Fuyez-moi.
— Je vous le prouverai en ne vous quittant plus.