— Alors, vous avez un ami qui, lui, doit être riche: M. Fouquet.

— M. Fouquet? madame, il est plus qu’à moitié ruiné.

— On le disait, et je ne voulais pas le croire.

— Pourquoi, duchesse?

— Parce que j’ai du cardinal Mazarin quelques lettres, c’est-à-dire Laicques les a, qui établissent des comptes étranges.

— Quels comptes?

— C’est à propos de rentes vendues, d’emprunts faits, je ne me souviens plus bien. Toujours est-il que le sous-intendant, d’après des lettres signées Mazarin, aurait puisé une trentaine de millions dans les coffres de l’État. Le cas est grave.

Aramis enfonça ses ongles dans sa main.

— Quoi! dit-il, vous avez des lettres semblables et vous n’en avez pas fait part à M. Fouquet?

— Ah! répliqua la duchesse, ces sortes de choses sont des réserves que l’on garde. Le jour du besoin venu, on les tire de l’armoire.