— Et le jour du besoin est venu? dit Aramis.

— Oui, mon cher.

— Et vous allez montrer ces lettres à M. Fouquet?

— J’aime mieux vous en parler à vous.

— Il faut que vous ayez bien besoin d’argent, pauvre amie, pour penser à ces sortes de choses, vous qui teniez en si piètre estime la prose de M. de Mazarin.

— J’ai, en effet, besoin d’argent.

— Et puis, continua Aramis d’un ton froid, vous avez dû vous faire peine à vous-même en recourant à cette ressource. Elle est cruelle.

— Oh! si j’eusse voulu faire le mal et non le bien dit Mme de Chevreuse, au lieu de demander au général de l’ordre ou à M. Fouquet les cinq cent mille livres dont j’ai besoin...

— Cinq cent mille livres!

— Pas davantage. Trouvez-vous que ce soit beaucoup? Il faut cela, au moins, pour réparer Dampierre.