— Quand nous serons seules, ajouta la béguine.
Anne d’Autriche adressa un regard à ses compagnes, celles-ci se retirèrent.
La béguine fit alors trois pas vers la reine et s’inclina révérencieusement.
La reine regardait avec défiance cette femme qui la regardait aussi avec des yeux brillants par les trous de son masque.
— La reine de France est donc bien malade, dit Anne d’Autriche, que l’on sait, au béguinage de Bruges, qu’elle a besoin d’être guérie?
— Ne menacez point, reine, dit la béguine avec douceur; je suis venue à vous pleine de respect et de compassion, j’y suis venue de la part d’une amie.
— Prouvez-le donc! Soulagez au lieu d’irriter.
— Facilement; et Votre Majesté va voir si l’on est son amie.
— Voyons.
— Quel malheur est-il arrivé à Votre Majesté depuis vingt-trois ans?...