— Vous dites cela, Gourville, à cause des antennes, mauvais plaisant!

— Eh bien! monsieur Fouquet?

— Eh bien! il ne convient pas que le mari de Mme Vanel s’enrhume hors de chez moi; envoyez-le quérir, La Fontaine, puisque vous savez où il est.

— J’y cours moi-même.

— Je vous y accompagne, dit l’abbé Fouquet; je porterai les sacs.

— Pas de mauvaise plaisanterie, dit sévèrement Fouquet; que l’affaire soit sérieuse, si affaire il y a. Tout d’abord, soyons hospitaliers. Excusez-moi bien, La Fontaine, auprès de ce galant homme, et dites-lui que je suis désespéré de l’avoir fait attendre, mais que j’ignorais qu’il fût là.

La Fontaine était déjà parti. Par bonheur, Gourville l’accompagnait; car, tout entier à ses chiffres, le poète se trompait de route, et courait vers Saint-Maur.

Un quart d’heure après, M. Vanel fut introduit dans le cabinet du surintendant, ce même cabinet dont nous avons donné la description et les aboutissants au commencement de cette histoire. Fouquet, le voyant entrer appela Pélisson, et lui parla quelques minutes à l’oreille.

— Retenez bien ceci, lui dit-il: que toute l’argenterie, que toute la vaisselle, que tous les joyaux soient emballés dans le carrosse. Vous prendrez les chevaux noirs; l’orfèvre vous accompagnera; vous reculerez le souper jusqu’à l’arrivée de Mme de Bellière.

— Encore faut-il que Mme de Bellière soit prévenue, dit Pélisson.