— Oui, oui, dit Fouquet, qui commençait à comprendre les intentions d’Aramis.
Vanel resta muet: il avait compris.
Aramis remarqua cette froideur et cette abstention.
«Bon! se dit-il, laide face, tu fais le discret jusqu’à ce que tu connaisses la somme; mais, ne crains rien, je vais t’envoyer une telle volée d’écus, que tu capituleras.»
— Il faut tout de suite offrir à M. Vanel cent mille écus, dit Fouquet emporté par sa générosité.
La somme était belle. Un prince se fût contenté d’un pareil pot-de-vin. Cent mille écus, à cette époque, étaient la dot d’une fille de roi.
Vanel ne bougea pas.
«C’est un coquin, pensa l’évêque; il lui faut les cinq cent mille livres toutes rondes.» Et il fit un signe à Fouquet.
— Vous semblez avoir dépensé plus que cela, cher monsieur Vanel, dit le surintendant. Oh! l’argent est hors de prix. Oui, vous aurez fait un sacrifice en vendant cette terre. Eh bien! où avais-je la tête? C’est un bon de cinq cent mille livres que je vais vous signer. Encore serai-je bien votre obligé de tout mon cœur.
Vanel n’eut pas un éclat de joie ou de désir. Sa physionomie resta impassible, et pas un muscle de son visage ne bougea.