— C’est vrai, j’ai eu tort. Oh! je me repens bien, voyez-vous, Raoul. Ce n’est rien que d’écrire à un ami: «Venez!» Mais avoir cet ami en face, le sentir frissonner, haleter sous l’attente d’une parole qu’on n’ose lui dire...

— Osez! J’ai du cœur, si vous n’en avez pas! s’écria Raoul au désespoir.

— Voilà que vous êtes injuste et que vous oubliez avoir affaire à un pauvre blessé... la moitié de votre cœur... Là! calmez-vous! Je vous ai dit: «Venez.» Vous êtes venu; n’en demandez pas davantage à ce malheureux de Guiche.

— Vous m’avez dit de venir, espérant que je verrais, n’est-ce pas?

— Mais...

— Pas d’hésitation! J’ai vu.

— Ah!... fit de Guiche.

— Ou du moins, j’ai cru...

— Vous voyez bien, vous doutez. Mais, si vous doutez, mon pauvre ami que me reste-t-il à faire?

— J’ai vu La Vallière troublée... Montalais effarée... Le roi...