— Le roi?
— Oui... Vous détournez la tête... Le danger est là, le mal est là, n’est-ce pas? c’est le roi?
— Je ne dis rien.
— Oh! vous en dites mille et mille fois plus! Des faits, par grâce, par pitié, des faits! Mon ami, mon seul ami, parlez! J’ai le cœur percé, saignant; je meurs de désespoir!...
— S’il en est ainsi, cher Raoul, répliqua de Guiche, vous me mettez à l’aise, et je vais vous parler, sûr que je ne dirai que des choses consolantes en comparaison du désespoir que je vous vois.
— J’écoute! j’écoute!...
— Eh bien! fit le comte de Guiche, je puis vous dire ce que vous apprendriez de la bouche du premier venu.
— Du premier venu! on en parle? s’écria Raoul.
— Avant de dire: «On en parle», mon ami, sachez d’abord de quoi l’on peut parler. Il ne s’agit, je vous jure, de rien qui ne soit au fond très innocent; peut-être une promenade...
— Ah! une promenade avec le roi?