— Voyez-vous, dit-il, je n’ajouterai pas un mot; j’en ai trop dit ou trop peu. D’autres vous renseigneront s’ils veulent ou s’ils peuvent: mon office était de vous avertir, je l’ai fait. Surveillez à présent vos affaires vous-même.

— Questionner? Hélas! vous n’êtes pas mon ami, vous qui me parlez ainsi, dit le jeune homme désolé. Le premier que je questionnerai sera un méchant ou un sot; méchant, il me mentira pour me tourmenter; sot, il fera pis encore. Ah! de Guiche! de Guiche! avant deux heures j’aurai trouvé dix mensonges et dix duels. Sauvez-moi! le meilleur n’est-il pas de savoir son mal?

— Mais je ne sais rien, vous dis-je! J’étais blessé, fiévreux: j’avais perdu l’esprit, je n’ai de cela qu’une teinture effacée. Mais, pardieu! nous cherchons loin quand nous avons notre homme sous la main. Est-ce que vous n’avez pas d’Artagnan pour ami?

— Oh! c’est vrai, c’est vrai!

— Allez donc à lui. Il fera la lumière, et ne cherchera pas à blesser vos yeux.

Un laquais entra.

— Qu’y a-t-il? demanda de Guiche.

— On attend M. le comte dans le cabinet des Porcelaines.

— Bien. Vous permettez, cher Raoul? Depuis que je marche, je suis si fier!

— Je vous offrirais mon bras, de Guiche, si je ne devinais que la personne est une femme.