— J’oubliais de dire, monseigneur, que, si vous daignez vous laisser guider par moi, et si vous consentez à devenir le plus puissant prince de la terre, vous aurez servi les intérêts de tous les amis que je voue au succès de notre cause, et ces amis sont nombreux.

— Nombreux?

— Encore moins que puissants, monseigneur.

— Expliquez-vous.

— Impossible! Je m’expliquerai, je le jure devant Dieu qui m’entend, le propre jour où je vous verrai assis sur le trône de France.

— Mais mon frère?

— Vous ordonnerez de son sort. Est-ce que vous le plaignez?

— Lui qui me laisse mourir dans un cachot? Non, je ne le plains pas!

— À la bonne heure!

— Il pouvait venir lui-même en cette prison, me prendre la main et me dire: «Mon frère, Dieu nous a créés pour nous aimer, non pour nous combattre. Je viens à vous. Un préjugé sauvage vous condamnait à périr obscurément loin de tous les hommes, privé de toutes les joies. Je veux vous faire asseoir près de moi; je veux vous attacher au côté l’épée de notre père. Profiterez-vous de ce rapprochement pour m’étouffer ou me contraindre? Userez-vous de cette épée pour verser mon sang?...»