— Oh! non, lui eussé-je répondu: je vous regarde comme mon sauveur, et vous respecterai comme mon maître. Vous me donnez bien plus que ne m’avait donné Dieu. Par vous, j’ai la liberté; par vous, j’ai le droit d’aimer et d’être aimé en ce monde.
— Et vous eussiez tenu parole, monseigneur?
— Oh! sur ma vie!
— Tandis que maintenant?...
— Tandis que, maintenant, je sens que j’ai des coupables à punir...
— De quelle façon, monseigneur?
— Que dites-vous de cette ressemblance que Dieu m’avait donnée avec mon frère?
— Je dis qu’il y avait dans cette ressemblance un enseignement providentiel que le roi n’eût pas dû négliger, je dis que votre mère a commis un crime en faisant différents par le bonheur et par la fortune ceux que la nature avait créés si semblables dans son sein, et je conclus, moi, que le châtiment ne doit être autre chose que l’équilibre à rétablir.
— Ce qui signifie?...
— Que, si je vous rends votre place sur le trône de votre frère, votre frère prendra la vôtre dans votre prison.