— Ah! monsieur! dit Mouston d’un air satisfait, le fait est que Monsieur a toujours été bien bon pour moi.

— Parbleu! croyez-vous que cette idée ne me soit pas venue ou que la dépense m’ait arrêté? Mais il n’y a plus que deux jours d’ici à la fête de Vaux; j’ai reçu l’invitation hier, j’ai fait venir Mouston en poste avec ma garde-robe; je me suis aperçu du malheur qui m’arrivait ce matin seulement, et, d’ici à après-demain, il n’y a pas un tailleur un peu à la mode qui se charge de me confectionner un habit.

— C’est-à-dire un habit couvert d’or, n’est-ce pas?

— J’en veux partout!

— Nous arrangerons cela. Vous ne partez que dans trois jours. Les invitations sont pour mercredi et nous sommes le dimanche matin.

— C’est vrai; mais Aramis m’a bien recommandé d’être à Vaux vingt quatre heures d’avance.

— Comment, Aramis?

— Oui, c’est Aramis qui m’a apporté l’invitation.

— Ah! fort bien, je comprends. Vous êtes invité du côté de M. Fouquet.

— Non pas! Du côté du roi, cher ami. Il y a sur le billet, en toutes lettres: «M. le baron du Vallon est prévenu que le roi a daigné le mettre sur la liste de ses invitations...»