— Très bien, mais c’est avec M. Fouquet que vous partez.
— Et quand je pense, s’écria Porthos en défonçant le parquet d’un coup de pied, quand je pense que je n’aurai pas d’habits! J’en crève de colère! Je voudrais bien étrangler quelqu’un ou déchirer quelque chose!
— N’étranglez personne et ne déchirez rien, Porthos, j’arrangerai tout cela: mettez un de vos trente-six habits et venez avec moi chez un tailleur.
— Bah! mon coureur les a tous vus depuis ce matin.
— Même M. Percerin?
— Qu’est-ce que M. Percerin?
— C’est le tailleur du roi, parbleu!
— Ah! oui, oui, dit Porthos, qui voulait avoir l’air de connaître le tailleur du roi et qui entendait prononcer ce nom pour la première fois; chez M. Percerin, le tailleur du roi, parbleu! J’ai pensé qu’il serait trop occupé.
— Sans doute, il le sera trop; mais, soyez tranquille, Porthos; il fera pour moi ce qu’il ne ferait pas pour un autre. Seulement, il faudra que vous vous laissiez mesurer, mon ami.
— Ah! fit Porthos, avec un soupir, c’est fâcheux; mais, enfin, que voulez-vous!