— De particulier, répéta Aramis, oui, certes, mais pas pour vous, d’Artagnan. Jamais, je vous prie de le croire, je n’aurai rien d’assez particulier pour qu’un ami tel que vous ne puisse l’entendre.
— Oh! non, non, je me retire, insista d’Artagnan, mais en donnant à sa voix un accent sensible de curiosité; car la gêne d’Aramis, si bien dissimulée qu’elle fût, ne lui avait point échappé, et il savait que, dans cette âme impénétrable, tout, même les choses les plus futiles en apparence, marchaient d’ordinaire vers un but, but inconnu mais que, d’après la connaissance qu’il avait du caractère de son ami, le mousquetaire comprenait devoir être important.
Aramis, de son côté, vit que d’Artagnan n’était pas sans soupçon, et il insista:
— Restez, de grâce, dit-il, voici ce que c’est.
Puis, se retournant vers le tailleur:
— Mon cher Percerin... dit-il. Je suis même très heureux que vous soyez là, d’Artagnan.
— Ah! vraiment? fit pour la troisième fois le Gascon encore moins dupe cette fois que les autres.
Percerin ne bougeait pas. Aramis le réveilla violemment en lui tirant des mains l’étoffe, objet de sa méditation.
— Mon cher Percerin, lui dit-il, j’ai ici près M. Le Brun, un des peintres de M. Fouquet.
— Ah! très bien, pensa d’Artagnan; mais pourquoi Le Brun?