Le mousquetaire annoncé fit son entrée avec un vague sourire sur les lèvres. Raoul s’arrêta; Athos marcha vers son ami avec une expression de visage qui n’échappa point à Bragelonne. D’Artagnan répondit à Athos par un simple clignement de l’œil; puis, s’avançant vers Raoul et lui prenant la main:
— Eh bien! dit-il s’adressant à la fois au père et au fils, nous consolons l’enfant, à ce qu’il paraît?
— Et vous, toujours bon, dit Athos, vous venez m’aider à cette tâche difficile.
Et, ce disant, Athos serra entre ses deux mains la main de d’Artagnan. Raoul crut remarquer que cette pression avait un sens particulier à part celui des paroles.
— Oui, répondit le mousquetaire en se grattant la moustache de la main qu’Athos lui laissait libre, oui, je viens aussi...
— Soyez le bienvenu, monsieur le chevalier, non pour la consolation que vous apportez, mais pour vous-même. Je suis consolé.
Et il essaya d’un sourire plus triste qu’aucune des larmes que d’Artagnan eût jamais vu répandre.
— À la bonne heure! fit d’Artagnan.
— Seulement, continua Raoul, vous êtes arrivé comme M. le comte allait me donner les détails de son entrevue avec le roi. Vous permettez, n’est-ce pas, que M. le comte continue?
Et les yeux du jeune homme semblaient vouloir lire jusqu’au fond du cœur du mousquetaire.