— Son entrevue avec le roi? fit d’Artagnan d’un ton si naturel, qu’il n’y avait pas moyen de douter de son étonnement. Vous avez donc vu le roi, Athos?
Athos sourit.
— Oui, dit-il, je l’ai vu.
— Ah! vraiment, vous ignoriez que le comte eût vu Sa Majesté? demanda Raoul à demi rassuré.
— Ma foi, oui! tout à fait.
— Alors, me voilà plus tranquille, dit Raoul.
— Tranquille, et sur quoi? demanda Athos.
— Monsieur, dit Raoul, pardonnez-moi; mais, connaissant l’amitié que vous me faites l’honneur de me porter, je craignais que vous n’eussiez un peu vivement exprimé à Sa Majesté ma douleur et votre indignation, et qu’alors le roi...
— Et qu’alors le roi? répéta d’Artagnan. Voyons, achevez, Raoul.
— Excusez-moi à votre tour, monsieur d’Artagnan, dit Raoul. Un instant j’ai tremblé, je l’avoue, que vous ne vinssiez pas ici comme M. d’Artagnan, mais comme capitaine de mousquetaires.