— Une idée, monsieur Le Brun, une idée! Si on avait un échantillon des étoffes, par exemple, et qu’avec le temps et dans un meilleur jour...
— Oh! alors, s’écria Le Brun, je répondrais de tout.
— Bon! dit d’Artagnan, ce doit être là le nœud de l’action; on a besoin d’un échantillon de chaque étoffe. Mordious! Le donnera-t-il, ce Percerin?
Percerin, battu dans ses derniers retranchements, dupe, d’ailleurs, de la feinte bonhomie d’Aramis, coupa cinq échantillons qu’il remit à l’évêque de Vannes.
— J’aime mieux cela. N’est-ce pas, dit Aramis à d’Artagnan, c’est votre avis, hein?
— Mon avis, mon cher Aramis, dit d’Artagnan c’est que vous êtes toujours le même.
— Et, par conséquent, toujours votre ami, dit l’évêque avec un son de voix charmant.
— Oui, oui, dit tout haut d’Artagnan. Puis tout bas: Si je suis ta dupe, double jésuite, je ne veux pas être ton complice, au moins, et, pour ne pas être ton complice, il est temps que je sorte d’ici. Adieu, Aramis, ajouta-t-il tout haut; adieu, je vais rejoindre Porthos.
— Alors attendez-moi, fit Aramis en empochant les échantillons, car j’ai fini, et je ne serai pas fâché de dire un dernier mot à notre ami.
Le Brun plia bagage, Percerin rentra ses habits dans l’armoire, Aramis pressa sa poche de la main pour s’assurer que les échantillons y étaient bien renfermés, et tous sortirent du cabinet.