— Oh! oh! vous trouvez, Pélisson?
— Eh! oui, mon cher, je trouve. Rappelez-vous qu’une rime n’est jamais bonne tant qu’il s’en peut trouver une meilleure.
— Alors, je n’écrirai plus jamais qu’en prose, dit La Fontaine, qui avait pris au sérieux le reproche de Pélisson. Ah! je m’en étais souvent douté, que je n’étais qu’un maraud de poète! oui, c’est la vérité pure.
— Ne dites pas cela, mon cher; vous devenez trop exclusif, et vous avez du bon dans vos fables.
— Et pour commencer, continua La Fontaine poursuivant son idée, je vais brûler une centaine de vers que je venais de faire.
— Où sont-ils, vos vers?
— Dans ma tête.
— Eh bien, s’ils sont dans votre tête, vous ne pouvez pas les brûler?
— C’est vrai, dit La Fontaine. Si je ne les brûle pas, cependant...
— Eh bien, qu’arrivera-t-il si vous ne les brûlez pas?