— Ai-je affaire à un insensé? dit-il.
— Vous avez affaire à un honnête homme.
— Fou!
— À un homme qui vous empêchera de consommer votre crime.
— Fou!
— À un homme qui aime mieux mourir, qui aime mieux vous tuer que de laisser consommer son déshonneur.
Et Fouquet, se précipitant sur son épée, replacée par d’Artagnan au chevet du lit, agita résolument dans ses mains l’étincelant carrelet d’acier.
Aramis fronça le sourcil, glissa une main dans sa poitrine, comme, s’il y cherchait une arme. Ce mouvement n’échappa point à Fouquet. Aussi, noble et superbe en sa magnanimité, jeta-t-il loin de lui son épée, qui alla rouler dans la ruelle du lit, et, s’approchant d’Aramis, de façon à lui toucher l’épaule de sa main désarmée:
— Monsieur, dit-il, il me serait doux de mourir ici pour ne pas survivre à mon opprobre, et, si vous avez encore quelque amitié pour moi, je vous en supplie, donnez-moi la mort.
Aramis resta silencieux et immobile.