— Vous ne répondez rien?

Aramis releva doucement la tête, et l’on vit l’éclair de l’espoir se rallumer encore une fois dans ses yeux.

— Réfléchissez, dit-il, monseigneur, à tout ce qui nous attend. Cette justice étant faite, le roi vit encore, et son emprisonnement vous sauve la vie.

— Oui, répliqua Fouquet, vous avez pu agir dans mon intérêt, mais je n’accepte pas votre service. Toutefois, je ne veux point vous perdre. Vous allez sortir de cette maison.

Aramis étouffa l’éclair qui jaillissait de son cœur brisé.

— Je suis hospitalier pour tous, continua Fouquet avec une inexprimable majesté; vous ne serez pas plus sacrifié, vous, que ne le sera celui dont vous aviez consommé la perte.

— Vous le serez, vous, dit Aramis d’une voix sourde et prophétique; vous le serez, vous le serez!

— J’accepte l’augure, monsieur d’Herblay; mais rien ne m’arrêtera. Vous allez quitter Vaux, vous allez quitter la France; je vous donne quatre heures pour vous mettre hors de la portée du roi.

— Quatre heures? fit Aramis railleur et incrédule.

— Foi de Fouquet! nul ne vous suivra avant ce délai. Vous aurez donc quatre heures d’avance sur tous ceux que le roi voudrait expédier après vous.