Et il prit le bras du comte de La Fère pour descendre l’escalier.
Ils arrivèrent ainsi au palier.
Grimaud, qu’ils avaient rencontré dans l’antichambre, regardait cette sortie d’un air inquiet. Il connaissait trop la vie pour ne pas se douter qu’il y eût quelque chose de caché là-dessous.
— Ah! c’est toi, mon bon Grimaud? dit Athos. Nous allons...
— Faire un tour dans mon carrosse, interrompit d’Artagnan avec un mouvement amical de la tête.
Grimaud remercia d’Artagnan par une grimace qui avait visiblement l’intention d’être un sourire, et il accompagna les deux amis jusqu’à la portière. Athos monta le premier; d’Artagnan le suivit sans avoir rien dit au cocher. Ce départ, tout simple et sans autre démonstration, ne fit aucune sensation dans le voisinage. Lorsque le carrosse eut atteint les quais:
— Vous me menez à la Bastille, à ce que je vois? dit Athos.
— Moi? dit d’Artagnan. Je vous mène où vous voulez aller, pas ailleurs.
— Comment cela? fit le comte surpris.
— Pardieu! dit d’Artagnan, vous comprenez bien, mon cher comte, que je ne me suis chargé de la commission que pour que vous en fassiez à votre fantaisie. Vous ne vous attendez pas à ce que je vous fasse écrouer comme cela brutalement, sans réflexion. Si je n’avais pas prévu cela, j’eusse laissé faire M. le capitaine des gardes.