— J’en mourrai, c’est sûr! grommela Baisemeaux en se retirant d’un pas chancelant.

Les cris du prisonnier retentissaient, de plus en plus formidables. Fouquet s’assura que Baisemeaux arrivait au bas des degrés. Il mit la clef dans la première serrure.

Ce fut alors qu’il entendit clairement la voix étranglée au roi qui criait avec rage:

— Au secours! je suis le roi! au secours!

La clef de la seconde porte n’était pas la même que celle de la première. Fouquet fut obligé de chercher dans le trousseau.

Cependant, le roi ivre, fou, forcené, criait à tue-tête:

— C’est M. Fouquet qui m’a fait conduire ici! Au secours contre M. Fouquet! je suis le roi! au secours pour le roi contre M. Fouquet!

Ces vociférations déchiraient le cœur du ministre. Elles étaient suivies de coups effrayants, frappés dans la porte avec cette chaise dont le roi se servait comme d’un bélier. Fouquet réussit à trouver la clef. Le roi était à bout de ses forces: il n’articulait plus, il rugissait.

— Mort à Fouquet! hurlait-il, mort au scélérat Fouquet!

La porte s’ouvrit.