— Et, dit Raoul, un jour que vous lui aurez rendu quelque grand service, un jour qu’elle vous remerciera, promettez-moi de lui dire ces paroles: «Je vous ai fait ce bien, madame, sur la recommandation de M. de Bragelonne, à qui vous avez fait tant de mal.»

— Je le jure! murmura de Guiche attendri.

— Voilà tout. Adieu! Je pars demain ou après pour Toulon. Si vous avez quelques heures, donnez-les-moi.

— Tout! tout! s’écria le jeune homme.

— Merci!

— Et qu’allez-vous faire de ce pas?

— Je m’en vais retrouver M. le comte chez Planchet, où nous espérons trouver M. d’Artagnan.

— M. d’Artagnan?

— Je veux l’embrasser avant mon départ. C’est un brave homme qui m’aimait. Adieu, cher ami; on vous attend sans doute, vous me retrouverez, quand il vous plaira, au logis du comte. Adieu!

Les deux jeunes gens s’embrassèrent. Ceux qui les eussent vus ainsi l’un et l’autre n’eussent pas manqué de dire en montrant Raoul: «C’est celui-là qui est l’homme heureux.»